lundi 25 août 2014

Magie thaïe de Cyril Namiech



Après Chattaya, itinéraire d'un ladyboy et Thaïlande guili-guili, voici Magie thaïe, le troisième opus thaïlandais de Cyril Namiech.

Donatien et Alex vivent à Bangkok, où le premier vend des huîtres d’importation et le second fait se rencontrer les âmes sœurs. Les deux amis sont comme cul et chemise. Un beau jour, la petite amie de Donatien, biologiste cellulaire et adepte de la magie noire, lui lance un sort pour le punir de son incorrigible misogynie. Le voilà affublé désormais d’un sexe de femme en lieu et place de ses organes virils. Et la petite amie d’expliquer à Donatien qu’il devra passer quelques épreuves féminines s’il veut recouvrer ses attributs mâles. En bon copain, Alex sera mis à contribution. Donatien apprendra-t-il enfin les bonnes manières ? 

Magie thaïe, farce et attaque, pétards et cotillons, comédie donc, sans voile ni tralala en veux-tu en voilà, de l’humour, du lourd, du bien gras, du haché gros, façon bouchère, des histoires de bite et de chatte, des potes, de la meuf, de la littérature fast-food à grandes bouchées, dans un emballage à jeter, que les éditeurs veulent pas, du refusé, du refoulé, du zéro, sauvé des eaux des chiottes, du PQ recyclé sur la toile, l’ebook de l’année à coup sûr, le bestial-seller de la boutique, du garanti poilant, du rire en ligne, des blagues à en sniffer sa liseuse, Magie thaïe je vous dis, retenez bien, pas déçus vous serez !

Magie thaïe est dédié à David Carradine, héros de la série télévisée Kung Fu, mort dans la penderie de sa chambre d’hôtel à Bangkok, victime d’un accident de masturbation (n’a pas respecté le stop).


Disponible en ebook ici

Extraits ci-dessous

samedi 7 juin 2014

Suzy Wong et les esprits de Virginie Broquet




Fauve qui peut

Après tout le monde, je viens de recevoir Suzy Wong et les esprits. Je dis après tout le monde car, aussi étrange que cela puisse être, l’enveloppe contenant le roman graphique de Virginie Broquet a dû auparavant faire deux fois le tour du monde avant d’atterrir dans ma boite aux lettres – nous ne contrôlons pas toujours le cours des choses. Collectionneur de timbres, comme tout un chacun, je le fus. En voyant tous ces timbres plus exotiques les uns que les autres tapisser l’enveloppe, j’ai envisagé un instant de commencer une nouvelle collection. Putain ce qu’ils sont beaux les timbres du Mozambique ! Et ceux du Groenland, je ne vous dis pas ! Entre nous, elle est allée faire quoi, Suzy, au Groenland ?
a) se farcir un phoque
b) s’adonner au morse
c) dissoudre un iceberg
Bref, après tout le monde, donc, j’ai pu mater le joli derrière de Suzy. Adolescent, j’avais Lui et Playboy planqués sous le matelas. Désormais, sous mon matelas, j’ai Suzy Wong et les esprits. Assurément je ne perds pas au change. Trop bonne, Suzy ! Son cul, ses seins, sa bouche ! Sopalin, s’il vous plaît !

Bizarrement, en feuilletant les pages de cet album, tableaux après tableaux (car, ici, il s’agit bel et bien de tableaux), des rouges, des verts, des jaunes et des bleus plein les yeux, je me suis retrouvé baignant dans un océan coloré fait de glaces à l’eau. Un monde de Popsicle et de Mister Freeze rien que pour moi !  Pour tout vous dire, j’ai bien failli y mettre la langue dans l’espoir de faire fondre cette orgie de couleurs dans ma bouche. Alors, j’aurais fait pipi un arc-en-ciel. Mais on ne met pas à la bouche des glaces chaudes comme la braise au risque de se brûler la langue. On se contente de regarder, de contempler, mais aussi d’écouter. Suzy a tellement de choses à nous dire. Elle a ses petits secrets, voyez-vous ! Ses petits secrets de gonzesse ! Alors, à la page 31, j’ai tendu l’oreille. De sa voix chaude et envoûtante, Suzy m’a dit… non, je le garde pour moi. Mais je suis certain qu’elle vous livrera aussi ses secrets si vous savez tendre l’oreille. Contempler les dessins, c’est bien. Les écouter, c’est mieux. Et Suzy la divine vous dira tout. Et c’est là toute la subtilité de Virginie Broquet: laisser à chaque lecteur la possibilité de converser avec sa Suzy, laquelle, au fil des pages, devient notre Suzy… notre Suzy chérie. Sopalin, j’ai dit !

Virginie Broquet est un fauve. Je n’ai pas dit tigresse du Mozambique ou panthère du Groenland. J’ai dit fauve. Non mais regardez comment cette artiste utilise la couleur ! Chez Virginie, il y a du Matisse, du Derain, du Duffy, du de Vlaminck. C’est strident, virulent, animé, torrentueux, pi(g)menté. Donc, immensément fauve. Il y a aussi un zest de Pablo, un doigt de Cocteau, une larme de Chagall. Il y a même une once de Mondrian, celui du tout début, version Arbre rouge. Mais Virginie, c’est Virginie, et son style, au-delà de toutes ces influences, n’appartient qu’à elle. De par la couleur, c’est orgiaque. Oui, c’est ça, orgiaque. Somptueusement orgiaque. Broquet, du grand braquet qui fout le feu à ma braguette… la braguette derrière laquelle se planque mon cerveau, celui qui mène tous mes sens à la baguette.  

Bon, à défaut de Sopalin, je m’en vais faire un gros câlin à Suzy. Un gros câlin dans les bras du grand fauve…




Suzy Wong et les esprits, roman graphique de Virginie Broquet, Editions Gope. Disponible ici




jeudi 5 juin 2014

Dating thai girls : meet your soul mate in Thailand



The best solution to meet his/her soul mate – or at least a charming, smiling and engaging girl – in Thailand is to register on a dating site dedicated to this objective. The more enjoyable website to use among a plethora of sites (free of charge or not), the most serious and the most effective one is, without a doubt: ThaiCupid.com
Tens of thousands of members are registered. The price starts at € 29.99 per month (with a discount if you subscribe for 3, 6, 9 or 12 months). This includes unlimited and live exchanges, either by email or by chat.
Most of the girls visiting this web site have one objective in mind: to marry a Westerner. They are indeed often disappointed by Thai men, who have the reputation of never being faithful (understand these gentlemen; in Thailand, there is one man for six women!). They also think – rightly or wrongly – that Western men are more romantic, caring and also – let’s be honest – more secure financially.
On these dating websites, one can find mainly two types of girls:

  • The “Youngsters/teens” (18-25 years): Most of them come from relatively poor families (mostly from the Isan region of north east of the country). They have a very poor English and do not really pay attention to the age of these gentlemen. Their primary goal is well often marriage.
  • The more “mature” girls ( 26-35 years): As school graduates, they master English well enough, are relatively financially independent, and often live in Bangkok or in major cities. They are not necessarily interested in marriage. A “western-type” relationship is also quite attractive to them.

In Thailand, a serious relationship – with a serious girlfriend – is built step by step. It is highly recommended not to rush things. Thai mentalities, especially with regard to sex – and despite what we may think, hear or see – are far from being permissive. In addition, the vast majority of girls are extremely shy. So, please, let’s remain nice gentlemen!
However, do not be naïve and think that the girls you will meet on these websites are all serious, sincere and honest. There is here – like anywhere else – indecent, inelegant and dishonest people. Your role is to sort them out with delicacy!


 Enjoy!
Dating thai girls - Soul mate in thailand - Meet thai lady

lundi 28 avril 2014

Tok farang - pêcher le farang


Je m’apprête à pisser dans l’unique cuvette à l’occidentale du village, une cuvette portant l’estampille Nasco. Elle est située dans la maison en dur du pouyaï ban, le chef du village. Au fond de la cuvette, j’aperçois le visage déformé d’un homme blanc, lequel m’implore de lui porter assistance. Je récupère l’épuisette que le pouyaï ban entrepose dans les chiottes au cas où un poisson-chat pointerait le bout de sa moustache. J’essaie d’attraper le visage de l’homme blanc. Pas de chance, celui-ci passe à travers les mailles du filet. Il ne me reste plus qu’à lui pisser à la gueule. 

mercredi 7 août 2013

Une jeune Thaïlandaise enlève son soutien-gorge



Pour une publicité vantant un soutien-gorge capable d'offrir deux tailles de bonnet en plus à ses utilisatrices, une jeune Thaïlandaise se met à nu et... et...  et... tralala!!!

Une jeune Thaïlandaise enlève son soutien-gorge

mardi 23 juillet 2013

Androgenia - Pierre Etchart




Quelle verve ! Quelle secousse ! Quel jus !  Quelle santé, aussi ! Au mot « santé », sans la moindre hésitation, j’ajoute un « i », un « e », un « t », ce qui donne le mot « sainteté » – à ne surtout pas confondre avec « saleté ». Car c’est du propre, Etchart ! Du qui brille, du qui défonce, du qui honore, du qui aime. Notre Pierre est un agitateur de mots, un remueur de verbes et non de merde, un fomentateur de bons coups. Et le bon coup, visiblement, c’est lui. Il joue en con – et non au con –, en cul, en bouche. Il joue/jouit en mot, en verbe, en rythme. « “Fuck me ! me cries-tu, raeng-raeng ! (plus fort !)” Je pars au trot, puis au galop, je m’emballe jusqu’à m’écrouler au dernier saut d’obstacles, m’effondrant en hennissant, dégringolant, haletant, le museau enfoui et envapé dans la soie capiteuse de ta crinière. » Alléluia, Pierre ! Et quand tu te fais bistouquer par un ladyboy, c’est pour la jouer sport – un peu aussi par charité. « Je ne me sens pas du tout comme une femelle qui se fait mettre. Je suis toujours le mâle dominant, mais je me mets sur un pied d’égalité, pour être juste fair-play, poli, courtois, et recevoir mon hôte comme il se doit. »
Un être bienfaisant, assurément, ce Pierre ! Bouddha est en lui, c’est certain. 

Bouddha italien - Baan Silapin - Bangkok



- baan silapin - bangkok -

Son nom est Ban, Ray Ban
Il était chevalier blanc
Il est Bouddha italien
Il sera maître-nageur...

lundi 15 juillet 2013

Comment trouver son âme soeur en Thaïlande?


La meilleure solution pour rencontrer son âme sœur - ou à défaut une fille charmante, souriante et attachante - en Thaïlande, est de s'inscrire sur un site de rencontres dédié à cet objectif. Parmi une pléiade de sites (gratuits ou payants), et après en avoir testés plusieurs, le plus agréable à utiliser, le plus sérieux et aussi le plus efficace en matière de résultat est assurément ThaiCupid.com



Plusieurs dizaines de milliers de membres y sont enregistrés. Le prix commence à 29,99 euros par mois (réduction si vous souscrivez pour 3, 6, 9 ou 12 mois). Contacts illimités et instantanés soit par courrier électronique soit par chat en direct.
La plupart des filles présentes sur se site n'ont qu'un but: se marier avec un Occidental. Souvent déçues par les hommes thaïs, lesquels ont la réputation de ne jamais être fidèles (comprenez ces messieurs, en Thaïlande, il y a un homme pour six femmes !), elles s'imaginent - à tort ou à raison - que les hommes occidentaux sont plus romantiques, plus attentionnés et aussi - ne nous voilons pas la face - plus sécurisants sur le plan financier que leurs homologues thaïlandais.
On trouve deux grandes familles de filles présentes sur ce genre de site de rencontres:
- les "petites jeunes" (18 - 25 ans) issues de familles pauvres (originaires pour la plupart de la région Isan au Nord-Est du pays), maîtrisant très mal l'anglais et peu regardantes sur l'âge de ces messieurs et dont le but premier est le mariage.
- les filles un peu plus mûres (26 - 35 ans), diplômées donc maîtrisant assez bien l'anglais, relativement autonomes sur le plan financier, et qui souvent résident à Bangkok ou dans les grandes villes du pays. Celles-ci ne sont pas systématiquement intéressées par le mariage. Une relation amoureuse dite "à l'occidentale" est tout à fait envisageable.
En Thaïlande, une relation amoureuse sérieuse - avec une fille elle-même sérieuse -, se construit étape par étape. Ne surtout pas chercher à brusquer les choses. Les mœurs thaïlandais, notamment en ce qui concerne le sexe, malgré tout ce qu'on peut croire, entendre ou voir, sont loin d'être permissifs. De plus, les filles, dans la grande majorité, sont extrêmement pudiques. Soyez donc gentleman.
Ne soyez pas naïfs cependant en pensant que les filles que vous allez rencontrer ici sont toutes sérieuses, sincères et honnêtes. Il y a ici - comme partout ailleurs - des personnes incorrectes, inélégantes et menteuses. A vous de faire le tri.


(article écrit en 2007 et remis "en tête de blog" ce jour car toujours d'actualité - et comment !)


Rencontrer l'amour en Thaïlande
Trouver l'amour en Thaïlande - Rencontrer des Thaïlandaises   


Le site ThaiCupid (ex-Thailovelinks) vu par une Thaïlandaise (Un jour mon prince viendra, nouvelle extraite du livre de Cyril Namiech Thaïlande guili-guili).


Un jour mon prince viendra


Je m’appelle Ploy. J’ai 29 ans. Je suis thaïlandaise. J’habite à Thonburi. Je vends des fleurs au marché de Pak Klong. Je n’ai jamais été mariée. Je n’ai pas d’enfant. Je suis une fille facile à vivre et toujours très souriante. J’aime les tulipes, le football et les ours en peluche. Si vous cherchez une fille de bar avec des tatouages sur le corps, passez votre chemin. Je cherche une relation durable avec un homme âgé de 30 à 45 ans. Européen bienvenu.     

La suite: cliquez sur plus d'infos.

dimanche 14 juillet 2013

J'ai coulé un bonze


 - Bonze Amphawa -

J’ai coulé un bonze
tapissé dragon avant-bras 
offrande oh my friend !

jeudi 20 juin 2013

La petite culotte de Jeanne Moreau




 Asian Corner, aéroport Suvarnabhumi, Bangkok. Je sirote une dernière Singha avant de prendre l’avion. Ma valise est certainement déjà dans la soute du Boeing qui s’envolera bientôt pour Paris. Elle fera le voyage au milieu des autres bagages, tous remplis de cadeaux pour la famille et les amis, de slips sales, aussi – si les douaniers mettent des gants avant de fouiller la valise d’un passager, c’est aussi à cause de ces sous-vêtements entachés de souvenirs, lesquels, à l’image de leur propriétaire, ont parcouru des kilomètres à dos d’éléphant à travers la jungle, ont dansé toute la nuit au rythme de la techno sur une plage de Ko Phangan, ont fait la tournée des tabourets de bars à filles de Patong. De retour à la maison, on hésite parfois à jeter ses slips, ses boxers ou ses caleçons dans le tambour de la machine à laver. On a peur de faire disparaître à tout jamais les traces de bonheur glanées ici et là durant notre séjour au Pays des merveilles. Alors, on temporise, on laisse s’entasser le linge sale quelques jours dans la salle de bain, on espère secrètement voir apparaître un sourire de fille au sommet de ce monticule de vêtements fumant, on finit parfois par mettre le doigt sur un poil de cul, voilà tout ce qui reste de la jolie Nok.    
Je n’ai bien sûr pas oublié d’acheter les cravates en soie que mon collègue de bureau Philippe m’a commandées. À la différence du polo Lacoste, taille XXL, que j’ai ramené pour mon cousin Pascal, celles-ci ne sont pas contrefaites. Elles ne portent aucun nom célèbre, pas même celui d’Alain Delon – en Asie, notre samouraï grisonnant a développé un business dont on soupçonne à peine l’existence en France : cravates AD, chemises AD, slips AD, caleçons AD… Alain Delon est partout. Parfums, lunettes, bijoux, cigarettes… Il paraîtrait qu’il existe aussi des matelas AD. Faire l’amour sur un Alain Delon, le rêve pour des millions d’Asiatiques ? The Taste of France, nous dit le slogan – AD vitam aeternam. Vive la France !
Pascal, qui ne s’habille qu’avec des vêtements de marque – peut-être un jour portera-t-il le fameux slip kangourou AD que tous les Cambodgiens s’arrachent –, me répète souvent qu’il ira un jour en Thaïlande, pour voir si tout ce qu’on raconte est vrai.

 Voilà, c’est fini. La Thaïlande ne sera bientôt qu’une somme de jolis souvenirs agrémentés de quelques clichés plus ou moins osés réalisés dans ma chambre d’hôtel : « Elle a un cul d’enfer, cette Nok ! » Il me reste cependant une bière, ma dernière bière thaïe, celle qui me permet de prolonger encore un peu le rêve. Je m’accroche désespérément à ses bulles, lesquelles me propulsent aussitôt à l’Antartica, un salon de massage à thématique polaire, avec des Thaïlandaises déguisées en pingouins, des baignoires comparables à des icebergs et des matelas pneumatiques en guise de banquise. J’y ai appris à faire l’otarie.
Je viens de commander une salade de papaye, plus pour entendre le bruit du pilon frappant le mortier que par réelle volonté d’en apprécier les saveurs. Pok-pok-pok-pok, cette musique sourde et entraînante, un tantinet technoïsante, me replonge dans la Thaïlande profonde, celle des gargotes et des restos de rue. Cependant, je constate que la cuisinière de l’Asian Corner, pilon à la main, écrase les piments, l’ail et les crevettes séchées avec beaucoup moins d’entrain que ses consoeurs officiant à l’extérieur de l’aéroport. Sous douane, en zone internationale, la Thaïlande semble retenir ses coups. On fait dans la demi-mesure. On est beaucoup moins virulent. On a aussi laissé son sourire au vestiaire – peut-être que, à l’image d’un couteau suisse ou d’une lime à ongles, le sourire est interdit en zone réservée. Ici, après avoir montré patte blanche au filtre de police, on se retient quasiment de péter. L’endroit est garanti sans odeur. C’est pourquoi, au comptoir de l’Asian Corner, on n’ajoute pas de crabes salés à la papaye. On évite ainsi la mauvaise haleine, les bactéries pathogènes et la diarrhée qui, sans même toquer à la porte, fait se précipiter les voyageurs aux chiottes. Crabes salés à piler et vraies Rolex n’ont jamais fait bon ménage dans les Duty free shops. On marche droit, sous douane, pas de travers ! Tu m’entends, le crabe ?

L’Asian Corner a fait le plein de clients. Attablés devant leur café ou leur bière, les hommes ne sont pas dans leur assiette. Ils ont rangé les shorts de plage, remisés les tongs au placard – ou au fond de leur valise – et languissent inexorablement leur chéries de location dont ils viennent, bien malgré eux, fin du contrat oblige, de se séparer. Je parie que ces messieurs n’ont pas épuisé leur stock de capotes. Certains ont vu beaucoup trop grand, s’imaginant pouvoir aligner les coups, on n’a plus vingt ans ! D’autres, plus téméraires, ont accordé une totale confiance en leur partenaire et ont fait l’amour sans capotes. Pour les plus prudents, les condoms serviront lors d’un prochain voyage. Ces messieurs reviendront en Thaïlande avant la date d’expiration de leurs préservatifs, c’est mathématique, un peu comme 1+1=2.
L’homme aux cheveux blancs assis à la table voisine, I LOVE THAILAND moulé sur le torse, des faux airs de Paul Newman, pianote sur un téléphone mobile de dernière génération – pianoter n’étant plus le terme qui convienne, on parle dorénavant de glissement de doigts sur l’écran. En effet, pour visionner les photos de ses exploits en terre siamoise, monsieur tapote, double-tapote, balaye du doigt, écarte son pouce et son index, fait danser ses longs doigts sur la piste de danse de son écran tactile. C’est très rock’n’roll. Par contre, au fond du slip, ça l’est beaucoup moins… rock’n’roll – monsieur a la queue basse, à l’image de tous les hommes attablés à l’Asian Corner. C’est souvent comme ça, à la fin d’un séjour en Thaïlande, on remballe sa bite et son sourire. Rideau !
À ma droite, un grand Noir fait pleuvoir sa tristesse dans son verre de Coca-Cola. Visiblement sa chérie de location lui manque. Lek – ou Pim ou Fai ou Ning –, laquelle lui a rappelé qu’il avait un sexe – oh, very big! – et qu’il était très agréable de s’en servir, n’est plus là pour lui offrir ses lèvres, ses seins, son cul. À qui dire « I love you » désormais ? Avant de prendre un taxi pour l’aéroport, le grand Noir a vidé son trop-plein d’amour dans le réservoir d’un préservatif (monsieur fait partie des hommes prudents). Il s’est essayé une dernière fois à l’acte d’amour avant de s’en retourner chez lui, là où l’on fait dans l’abstinence et la sécheresse des cœurs. Lek, Pim, Fai ou Ning, en voyant le sperme prisonnier au fond du réservoir, n’a pas cherché à philosopher. Elle a juste pensé : « Encore un enfant qui ne verra pas le jour ! » Alors, en bonne professionnelle, elle a fait un nœud avec la capote et a jeté le bébé dans la poubelle. Fin de l’histoire. Déjà un autre homme l’attend, tout juste débarqué d’Australie, paré pour faire le kangourou.

Le somtam a un goût de chiottes… de chiottes thaïlandaises, toutefois. Je me dis que la Turquie n’est pas loin… 
Une vieille dame s’assoit à la table de Paul Newman – j’ai tout faux : ce dernier n’est pas un touriste sexuel. La grand-mère qui vient de le rejoindre, une femme au visage délavé, lunettes à double foyer et mise en plie Louis XIV, est sûrement son épouse. La vieille a dû aller pisser – les septuagénaires ne font que ça, pisser. Peut-être est-ce la seule jouissance qu’il leur reste. Au regard de sa dégaine, madame est sûrement américaine : elle porte une longue chemise à carreaux, dite chemise de cow-boy, un pantalon jaune pipi à pattes d’éléphant et une paire de Reebok. Elle a dû oublier son chewing-gum. Je ne la vois pas mâchouiller. Trop blanches et régulières, ses dents, pour être vraies ! « YEAH! » lance-t-elle à son homme après que celui-ci lui ait demandé si les toilettes de l’aéroport étaient à son goût. Il existe donc encore des hommes, originaires d’Amérique ou d’ailleurs, qui viennent en Thaïlande accompagnée de celle qu’ils ont épousé il y a cent mille ans, au temps où les Beatles chantaient All You Need is Love, Jacques Chirac créait l’ANPE et Che Guevara fumait son dernier cigare… Et dire que Paul Newman aurait un succès fou auprès des filles de Pattaya s’il avait fait le choix de venir ici en célibataire, passant ainsi du statut de « vieux plouc » à celui de « sexy man » ! Alors, la vieille, t’endormir dans les bras de Dieu, disparaître sous les fleurs, éternuer dans la sciure, c’est pour quand ?
La serveuse de l’Asian Corner adresse un wai à notre couple de septuagénaires. Je note : poussif, le wai. Le salut traditionnel thaïlandais adressé aux clients des boutiques Duty Free est beaucoup moins énergique que celui pratiqué à l’extérieur, là-bas, en zone libre. M’en fous, je prends : énergique ou pas, le wai me rappelle que je suis toujours en Thaïlande.   

Le grand Noir continue de pleurer. Ce doit être son premier séjour en Thaïlande. Il est crazy love de Lek, Pim Fai ou Nok. Elles savent y faire, nos chéries de location ! T’inquiète, mec ! On y est tous passés. Désormais, je ne pleure plus en quittant la Thaïlande. J’ai certes un petit pincement au cœur mais ne fond plus en larmes. J’avoue avoir laissé quelques plumes, et un paquet de dollars, par le passé – on ne maquille pas les filles de sperme sans y laisser quelques plumes, c’est la règle. Maintenant, je me suis endurci. Je viens ici pour baiser. Puis, je m’efforce d’oublier. Fuck and forget devrait être inscrit en lettre capitale à l’entrée des bars à filles, un peu comme Fumer tue est écrit sur les paquets de cigarettes. Cependant Fuck and forget ne veut pas dire être odieux avec les filles. Il est possible de les aimer en direct sans s’y attacher. De leur faire l’amour avec amour, puis de s’en détacher. Le meilleur détachant s’appelle le changement. Tu changes de fille le plus souvent possible. Bref, pour ne pas mourir électrifié, à chacun de ne pas laisser trop longtemps ses doigts dans la prise. Voilà, messieurs, c’était le conseil d’un plouc devenu sexy man.

Je demande des glaçons à la serveuse, plus pour faire durer ma bière que pour imiter les Thaïs, lesquels accompagnent souvent leur bière avec de la glace. Le lent suicide des glaçons à l’intérieur de mon verre m’offre du répit – et, d’ici peu, c’est certain, une forte envie de pipi. Tant que mon verre n’est pas vide, je n’ai pas à me lever pour me rendre en salle d’embarquement synonyme, pour un sexy man, de reconduite forcée au Pays du soupir. Je glisse un nouvel iceberg dans ma bière, ordonne à celui-ci de ne pas mourir trop vite, bref, de se la couler douce – et tant pis si ma Singha a le goût de la flotte !
Si un jour je m’expatrie en Thaïlande, je ferai le commerce de la glace. J’importerai un iceberg de l’Atlantique nord, celui qui a fait couler le Titanic – s’il ne s’est pas suicidé depuis – et le vendrai à la coupe, comme on fait pour le gruyère ou le jambon, et avec ceci ? Au Pays du sourire, le glaçon s’invite facilement dans la bière, les desserts et, parfois, aussi, les petites culottes. On l’utilise également beaucoup au marché, faute de vitrines réfrigérantes, pour raviver les calamars, les poissons-chats et les têtes de cochon. On l’applique systématiquement sur les pommettes tuméfiées des boxeurs au sortir du ring – le muay thai est le sport national, ne l’oublions pas ! Et les coups pleuvent, en boxe thaïe ! Il arrive aussi, dans certaines discothèques du pays, que l’on tapisse de glaçons le fond des urinoirs, dans le but, parait-il, de rafraîchir les testicules de ces messieurs – et parfois de ces dames quand il s’agit de ladyboys. Que ne fait-on pas avec de la glace, au Royaume de Siam ! Ici, dans les petits villages de campagne, là où il n’existe aucun réfrigérateur mortuaire, les défunts sont recouverts de glace pour ralentir le processus de décomposition et rester le plus présentable possible durant la cérémonie d’adieu aux vivants, avant d’être incinérés, au revoir, grand-mère ! Dealer de glaçons, donc, je serai. Et puis, en cas de tsunami, je pourrai toujours faire l’otarie sur mon matelas de glace – ben oui, quoi, ça flotte, un iceberg !   

Le grand Noir, de l’antigel plein les yeux, fait fondre mon rêve d’iceberg : « I’m Donovan Burney. From Buffalo. » À la vue de ma purée de glaçons, mon nouvel ami propose de mettre un peu de couleur dans mon verre : « One more beer ? » Allez, va pour une Singha ! Donovan semble inconsolable. Son goutte-à-goutte lacrymal est tel qu’il menace de faire déborder son verre de Coca-Cola. J’y vois là une méthode différente de celle des glaçons mais tout aussi efficace pour retarder au maximum l’inéluctable retour au pays. Donovan s’essuie les joues avec les deux index, à la façon d’essuie-glaces fonctionnant à vitesse lente, gauche, droite, gauche, droite, le bruit de frottement des balais sur le pare-brise en moins. Je demande : « Ta chérie thaïlandaise te manque, c’est ça ? » Compatissant, je poursuis : « La joie s’achève toujours par la tristesse, mon cher Donovan. » Autant la tristesse embellit le visage des femmes, autant elle défigure celui des hommes. Donovan est littéralement rongé par le chagrin. Ma bière est servie : « Thanks a lot, Don! » Le grand Noir se lance : « J’arrive de Saigon. Je suis en transit à Bangkok. Je n’ai jamais mis les pieds en Thaïlande. » Alors, perspicace, je demande : « C’est ta chérie vietnamienne que tu pleures comme ça ? » Des sanglots dans la voie, Donovan m’apprend qu’il est allé sur les traces de son père, un GI mort au combat durant la guerre du Vietnam. Il me présente la photo du héros. Le militaire a les bras croisés et fixe l’objectif : cheeeese ! – à tout jamais dans la boîte. La photo me fait penser aux images de football autocollantes que je collectionnais autrefois. Le père de Donovan a un faux air de Saar Boubacar, l’ancien attaquant sénégalais ayant évolué à l’Olympique de Marseille et au Paris SG à la fin des années soixante-dix. J’avais collé son image sur la couverture de mon cahier de brouillon. Lui et Rocheteau, qui n’ont jamais eu peur des balles, étaient mes deux héros. J’essaie de divertir Donovan : « Ton père aimait-il le football ? » Pour seule réponse, le grand Noir est parti vomir. À dix minutes près, il croisait la femme de Paul Newman. Peut-être l’aurait-il bousculée à l’entrée des toilettes, peut-être aussi aurait-il vomi sur elle. Dans ce cas, la vieille serait morte sur le coup : arrêt cardiaque. Et Paul Newman, subitement devenu veuf, se serait rendu à Pattaya et serait devenu sexy man. Quand le destin décide de ne pas se mêler de la vie des hommes…
Finalement, en y regardant de plus près, je dois être le seul homme à venir ici pour le sexe. Tous les autres hommes attablés à l’Asian Corner sont, soit accompagnés d’une femme blanche, soit escortés de trois femmes voilées – quelle chance ont les Arabes ! –, ou soit en possession de la photo d’un père mort en héros au Vietnam. Et si j’étais le seul homme à venir en Thaïlande pour le sexe ?

S’attable Jeanne Moreau. Non ! Si, c’est bien elle. Jeanne Moreau, l’actrice. « La meilleure actrice du monde », disait d’elle Orson Wells. Quelle classe, Jeanne ! Même a plus de quatre-vingts balais ! Son tailleur blanc Chanel lui va à ravir. Quand je pense qu’elle a tourné avec les plus grands : Buñuel, Antonioni, Godard, Truffaut, Wenders… Prix d’interprétation à Cannes ! Lion d’or ! Ours d’or ! César ! Oscar !… Mes petites chéries thaïlandaises paraissent soudain très fades à côté d’une telle femme. Qu’est venue faire Jeanne Moreau en Thaïlande ? Elle semble n’être accompagnée d’aucun vieux monsieur. Personne à ses côtés pour lui demander si les chiottes de l’aéroport sont à son goût. Est-elle une adepte du tourisme sexuel ? Dans ce cas, je me sentirais moins seul. Le visage de Jeanne est couvert de rides, comme autant de sourires gravés. À la différence de toutes les femmes présentes alentour, Jeanne est belle. Divinement belle. Monstrueusement belle. Et aussi tellement jeune. La preuve, elle en oublie de croiser ses jambes à la façon d’une gamine insouciante. Je vois sa culotte. Une petite culotte rose. J’aimerais aller m’asseoir à sa table : « C’est combien ? » Alors, de sa voie rauque et sensuelle, Jeanne Moreau me répondrait : « Pour une passe ou pour la nuit, jeune homme ? »


mardi 2 avril 2013

Reflets de Thaïlande: La photo, de Collin Piprell


2€99, ISBN 979-10-91328-01-2 (version PDF), ISBN 979-10-91328-02-9 (version EPUB) - 42 pages

Les éditions GOPE nous proposent le 1er numéro d'une collection de livres numériques intitulée Reflets de Thaïlande, pour lecture sur votre ordinateur, liseuse, tablette ou smartphone !
L'éditeur ouvre cette série par un récit d'aventures ayant pour cadre le Triangle d'or. Dans les années quatre-vingt, Khun Sa, le roi de l'opium, faisait régner sa loi dans la région ; il ne valait mieux pas croiser son chemin…

Résumé
Il y a des jours comme ça… où l’on se retrouve avachi au fond d’un bateau, sur la rivière Kok, quelque part au nord de la Thaïlande… où l’on est coincé entre un bellâtre australien, globe-trotter devant l’Éternel, une bombe sexuelle écossaise flanquée de sa compagne féministe jusqu’au bout des ongles et un couple d’Américains moyens…
L’occasion de vérifier si, en effet, la vie est un long fleuve tranquille, dans ce coin reculé, avec un groupe de touristes en goguette, assoiffés d’authenticité et de couleur locale ?
Il y a la gueule de bois, conséquence des excès de la veille, le ciel chargé de nuages menaçants, la moiteur de l’air, le bruit assourdissant du moteur diesel de l’embarcation, la nature sauvage et hostile, plus le babillage permanent de tous ces personnages que le hasard a entassés sur cette pirogue.
Ajoutons à ce cocktail détonant, le climat tendu, dans ce Triangle d’or où se rejoignent les frontières de la Thaïlande, du Laos et de la Birmanie, et où Khun Sa, le fameux roi de l’opium et le chef de la soi-disant armée de l’État Shan a décidé d’en découdre avec la police et tous les citoyens et touristes américains qui ont l’outrecuidance de s’aventurer sur son territoire.
Tous les ingrédients sont réunis pour une excursion mémorable… la journée va être longue, à n’en pas douter… et le temps est à l’orage…

L'auteur
Collin Piprell est un écrivain canadien installé à Bangkok.
Il est surtout connu pour un humour qui souvent frise le cynisme, une imagination qui lui fait inventer des situations originales complètement ubuesques, un talent avéré pour camper des personnages hauts en cou-leur et un sens de la repartie qu’il exploite dans de truculents dialogues.

Traduit de l’anglais par Laurence Ricciardi
© Éditions GOPE, mars 2013, pour la traduction française

 

vendredi 22 mars 2013

Thaïlande guili-guili : bienvenue au Pays du sourire


Thaïlande guili-guili
Humour par Cyril Namiech

Ici, tout tourne autour de la Thaïlande, tous les avions mènent en Thaïlande, centre du monde, centre du plaisir, point G de l’humanité, épicentre du bonheur planétaire. C’est que la vie est légère et facile au pays du sourire béat. Thaïlande guili-guili nous offre un trombinoscope de mines réjouies, chatouillées par l’espoir, titillées par le désir. Entre body-body et stimulation cardiaque, Cyril Namiech réveille les sens et ranime les cœurs.
Âgé de 45 ans, Cyril Namiech partage son existence entre Paris et Bangkok. Il vient d'acheter un terrain au nord de Chiang Mai. Il compte y faire pousser des longanes, des ananas et des ramboutans – et peut-être aussi du saucisson sec. Thaïlande guili-guili est son deuxième livre.

Éditions GOPE, 128 pages, 11x17 cm, 11 € 55, ISBN 978-2-9535538-9-5
Frais de livraison gratuits en passant directement par l'éditeur: Thaïlande guili-guili
 

samedi 16 mars 2013

vendredi 1 mars 2013

Carabao en concert le 14 mars à Bangkok


Le 14 mars, rendez-vous en face du Hard Rock Café, Siam Square, Soi 11, pour un concert exceptionnel. Au programme : le légendaire groupe de rock Carabao (pour ceux qui n'ont jamais vu ce groupe en concert, ne ratez pas l'occasion de les écouter en Live). Seront également présents sur scène les groupes Thaithanium (hip hop) et... mince, j'oublie à chaque fois leur nom...ah oui, Alzheimer. Les bénéfices de ce concert seront reversés au centre de transplantation d'organes de l'hôpital Ramatthibodj. Evènement à ne pas rater, donc !
Prix des places : 300 baht
Carabao en concert le 14 mars 2013 - Bangkok

Loto thaï : résultats du 1 mars 2013


Loto thaï

jeudi 28 février 2013

Mona Lisa Massage, par Fabrice Guénier



Mona Lisa Massage : un aquarium illuminé. Il y a cent créatures échantillonnées sur les gradins.
Des robes de Miss.
Tous les satins de la terre. Des chingnons savants. L'or brodé sur l'éclat des étoffes comme des crayons de couleur. Des rouges cardinaux, des jaunes électriques, du bleu, des vert amande. Sous un éclairage très blanc, fluo, pour que les peaux paraissent encore plus pâles, poudrées. Pâtisserie. Des meringues au teint diaphane - Marie-Antoinette, la bouche frappée de sang.
Il s'était avancé.
Dégaine panouilleuse. Carrure.
Un parpaing.
Veste trop large et des chaussures qui crissaient. "I'm the manager." Chevalière, une montre géante, il m'avait serré la main. J'avais senti cinq pommes de terre. "What Lady you want, Sir?" Il se comportait comme s'il était personnellement responsable de la plastique des filles. M'en vantant les qualités, m'en détaillant les spécialités, comme un sommelier, comme on conseille un cigare. La pompe et le pragmatisme en même temps: "Include : massage, shower, room. The Lady. Everything, Sir."
Il avait un micro. Faites vos jeux. Numéro douze, numéro vingt, dans le haut-parleur.
Deux filles.
Comme un désir d'être en minorité. Deux filles, comme on peut désirer trop de lumière.
Pour disparaître.
Elle s'étaient levées. Pochettes sous le bras, sourires, baisers soufflés derrière la vitre. Escort. Magazine. SAS. Ascenseur. Je partais demain.
Dans la suite, elles avaient babillé en se déshabillant, dans leur langage aigu de chat, entre deux vagues de rire. Dans la télé, avaient glissé la cassette X ad hoc.

(Extrait de Les Saintes, roman de Fabrice Guénier - Editions Gallimard 2013)

mercredi 27 février 2013

DIDIER WAMPAS en concert à Bangkok


DIDIER WAMPAS : GRAND CONCERT ROCK GRATUIT !

Le jeudi 28-02-2013 19:30

Concert
Le 28 février prochain, le fondateur du célèbre groupe Les Wampas, fera vibrer la scène de l’Alliance française de Bangkok de ses sonorités punk-rock, accompagné des musiciens rencontrés lors du tournage du long métrage “Bangkok Jam”.
Auteur-compositeur, Didier Wampas est à l’origine du groupe éponyme formé en 1983. Se revendiquant du “yéyé-rock”, le groupe est surtout connu pour les textes humoristico-trash ou faussement juvéniles ainsi que pour le jeu de scène de Didier Wampas qui fait activement participer le public lors des concerts et représentations. C’est en 2003 avec leur titre Manu Chao que les Wampas sont enfin révélés au grand public. En 2011, Didier se lance dans l’écriture d’un album solo, Taisez moi, qui sera suivi d’une tournée en 2012. A l’occasion du tournage de Bangkok Jam, dans lequel il joue son propre rôle, Didier rencontre plusieurs musiciens asiatiques et français avec lesquels il décide d’organiser une tournée au Laos, au Cambodge et en Thaïlande.

AFB : Vous vous apprêtez à jouer dans différents pays d’Asie, comment avez-vous eu cette idée ?
L’année dernière j’ai eu la chance de tourner un long métrage, Bangkok Jam, et d’écrire quelques morceaux pour le film en compagnie de Jean-Philippe Ury et de ses musiciens, dont un batteur thaïlandais et une bassiste cambodgienne. Il est revenu vers moi en 2012  pour me proposer de faire avec lui une tournée à travers l’Asie du Sud-Est et je lui ai immédiatement donné carte blanche.

AFB : Quels souvenirs gardez-vous de votre expérience en tant qu’acteur dans le film “Bangkok Jam” ?
Excellents ! J’ai déjà tourné dans des courts-métrages avec des équipes de cinéma professionnelles et ça ne m’avait pas beaucoup plu, mais de tourner dans ces conditions, caméra au poing dans les rues de Bangkok c’était super. Et ça m’a permis de découvrir la ville d’une manière différente. J’ai adoré !

AFB : Que pensez-vous interpréter lors de votre passage à Bangkok ?
Je ne sais pas encore précisément, un peu de tout. Les chansons du film comme Bangkok My Ladyboy, Ouh Ouh, On tient tous quelque chose, quelques reprises, des chansons des Wampas bien sûr et quelques-unes de mon album solo Taisez moi.

Informations pratiques

Date : Jeudi 28 février 2013 à 19h30
Lieu : Jardin de l’Alliance française de Bangkok, 29 Thanon Sathorn Tai
Entrée gratuite, vente de boissons et nourriture sur place
Renseignements : 02 670 42 31
chalanthorn.kidthang@alliance-francaise.or.th





mardi 26 février 2013

BANGKOK - SIEM REAP : 750 baht

  
La compagnie publique THE TRANSPORT CO propose dorénavant des liaisons directes au départ de Bangkok (MO CHIT BUS TERMINAL) vers SIEM REAP (Angkor) et PHNOM PENH. Plus besoin, donc, de changer de bus à la frontière
BANGKOK – SIEM REAP : environ 7 heures de trajet. Prix : 750 baht. Départs à 06h00 et 16h00.
BANGKOK – PHNOM PENH  :  environ 11 heures de trajet. Prix : 900 baht. Départ à 07h00.
Retour :
SIEM REAP – BANGKOK :  départs à 06h00 et 15h00
PHNOM PENH - BANGKOK : départ à 07h00
Assurément les temps changent...
(photo @ Roger FLAO)
BANGKOK – SIEM REAP : 750 baht

lundi 25 février 2013

Thaïlande : le clip vidéo "sexy" qui fait le buzz


Les Thaïs se lâchent... et les braguettes de ces messieurs explosent. Chez nous, un tel clip vidéo passerait quasiment inaperçu. Au pire, on aurait droit à des "Trop bonnes, les meufs !" ou des " Il faut vraiment que j'aille visiter la Thaïlande !" "En Thaïlande, pays très prude malgré tout ce qu'on peut croire, les critiques affluent : "C'est dégradant !" Donc, forcément, ça fait le buzz (6900 aiment, 2000 n'aiment pas). Le clip a déjà été visionné 685 000 fois. La barre... du million devrait aisément être atteinte.
Pour info, le jeune chanteur de 25 ans, mi Thaïlandais mi Allemand, s'appelle Aerk Lederer. Et les jolies playmates de son clip se prénomment... euh, aucune idée. Toujours est-il qu'elles ont un joli derrière. 
Alors...
a) Aerk 
b) Beurk
c) Miam Miam

Thaïlande : vidéo sexy

dimanche 24 février 2013

Thaïlande, eldorado ou mirage ?

France-5 France 5 - 20h43

Thaïlande, eldorado ou mirage ?

Durée : 54 minutes
Sous-titrage malentendant (Antiope).
Stéréo
En 16:9

  rediffusion: le dimanche 3 mars 2013 à 15h45 - France 5

Le sujet :

Si l'avenir s'assombrit en Europe, il n'en va pas de même en Asie : portrait de quelques expatriés, qui ont trouvé le bonheur en même temps que la prospérité économique.
Pour nombre d'Européens, l'horizon s'assombrit. Au même moment, en Asie, l'avenir, l'aventure et la croissance financière semblent au rendez-vous pour les audacieux. Aujourd'hui, plus de 15 000 Français sont officiellement installés en Thaïlande. En fait, ils seraient plus du double, un chiffre en augmentation constante. Certains sont arrivés il y a dix ou quinze ans. Ils ont ouvert des bars, des restaurants ou des agences immobilières. Et souvent il y ont trouvé le bonheur, ont intégré les coutumes et appris la langue locale. Ils travaillent dur dans un pays qui ne connaît pas le chômage. Portraits croisés de quelques expatriés heureux sur fond d'essor économique.



    Je ne me voyais pas rentrer à Paris. Le froid, la grisaille, l’absence de sourire sur les visages, l’insécurité, le stress, la vie chère, la difficulté pour obtenir un rendez-vous chez l’ophtalmo, le cardiologue et le dentiste, la sécheresse des cœurs, le poisson surgelé… non merci ! Envisager un retour en France, pays qui m’avait pourtant offert une vie décente, me donnait la nausée. Une femme occidentale de 61 ans venant de se faire plaquer par son mari n’aurait-elle pas sa place en Thaïlande ? Les sourires de ce merveilleux pays ne seraient-ils réservés qu’aux hommes ? Une sexagénaire célibataire ne peut-elle pas, elle aussi, y exercer son droit à l’amour ? Qu’allais-je devenir ? Je passais de longues heures à pleurer. Bizarrement, ce n’était pas André que je pleurais, mais ce petit coin de paradis auquel je commençais à m’attacher et que j’avais très peur de perdre. J’y avais pris mes habitudes. Les petites commerçantes du marché où j’allais régulièrement acheter du poisson, des crabes, des coquillages et des légumes frais me connaissaient toutes. J’essayais de leur parler thaï. Mon accent les faisait beaucoup rire. Nui, la rebouteuse qui me remettait régulièrement les cervicales en place, profitait toujours de la séance pour m’apprendre de nouveaux mots thaïs. Elle était devenue mon professeur attitré. Je ressortais toujours de chez elle enrichie d’expressions nouvelles : jamouk yaao[1], piou khaao[2], jep may[3] ? Il y avait aussi Ploy, ma manucure-pédicure qui chérissait mes pieds comme la prunelle de ses yeux. Leur extrême blancheur la rendait envieuse. Elle rêvait d’avoir des pieds blancs, thaao khaao. J’appréciais également Lady Baba, une ex-reine de nuit reconvertie en coiffeuse, transsexuel de son état – à très forte poitrine –, laquelle se débrouillait en français, non sans une pointe d’accent africain, suite à une longue histoire d’amour avec un dénommé Mamadou. Lady Baba était une virtuose du shampooing. Ses massages de tête me procuraient un bien fou. Et puis, entre femmes, on aimait parler de sexe. Qui masse encore le cuir chevelu avec une telle dextérité dans les salons de coiffure de France tout en plaisantant sur la grosseur du sexe des hommes noirs ? Je ne voulais pas quitter tout ce petit monde. Chacun, selon sa spécificité, son tempérament, sa grandeur d’âme, m’apportait du bien-être, participait à mon équilibre, transformait mes vieux jours en beaux jours.     


[1] Long nez
[2] Peau blanche
[3] Ça fait mal ?

(Extrait de la nouvelle La retraite en Thaïlande du recueil Thaïlande guili-guili - Editions Gope)



dimanche 17 février 2013

Jam, mon amour (Thaïlande guili-guili)


Cette chanson me rappelle ma première année en Thaïlande, c'était il y a longtemps, au siècle dernier, l'Irak n'allait pas tarder à envahir le Koweit... et moi, chaque soir, après avoir ingurgité quelques Mekhong Coke, j'invitais Wéo à venir se frotter à moi... alors, sous les spotlights de la discothèque, elle et moi nous lancions dans un slow langoureux, avec dans nos oreilles cette superbe balade signée Tik Shiro, Ploi kao pai... Elle était belle, Wéo, elle sentait bon le diable chaud...


La magnificence de son sourire me manque. Ses yeux de biche – ou de vipère, c’est selon – me manquent. Sa peau peinture caramel me manque. Ses petits seins d’adolescente aux pointes dardant vers le ciel me manquent. M’enivrer des odeurs combinées de jasmin, d’orchidées et de noix de coco de ses longs cheveux noirs me manque. Sa panoplie de petite pute me manque. Ses soutiens-gorge aux bonnets rembourrés de coton pour donner du relief à sa poitrine me manquent. Et la petite bébête qui monte, qui monte, qui monte le long de ses jambes fines et interminables… Mourir dans le ravissement de ses douces tortures me manque. C’est ça, Jam, griffe-moi ! Et puis, son cul ! son cul ! son cul ! Hymne au carambolage ! Cantique de la bestialité ! Invitation au tutu-pan-pan !... Les chemises d’homme taille XXL qu’elle aimait revêtir pour dormir me manquent. Le grincement de ses dents la nuit me manque. Ses bouderies de petite fille gâtée me manquent – à chaque fois qu’on passait devant une bijouterie, il fallait lui acheter un bracelet ou un collier en or. Ne roulant pas sur l’or – je n’avais que 21 ans –, il m’était difficile de toujours dire oui. Alors, mademoiselle boudait. Ça ne durait jamais très longtemps. La raison : je finissais le plus souvent par céder. En tout, j’ai dû lui acheter une demi-douzaine de bijoux en or. Je lui ai aussi offert une paire d’escarpins rouges, des baskets Nike, un parfum Chanel, plusieurs robes de soirée et des produits de beauté à n'en plus finir. La couvrir de cadeaux me manque. Lui acheter une mobylette – la fameuse Honda Dream ! – pour ses 18 ans me manque. Aller au distributeur automatique de billets et lui offrir cinq mille bahts dans l’unique but de la voir sourire et m’enlacer amoureusement me manque. Ses larmes chaudes au moment de nous dire au revoir à l’aéroport de Don Muang me manquent. Nous rendre ensemble à Phuket me manque – c’était la première fois qu’elle voyageait aussi loin. Lui faire l’amour dans le train de nuit reliant Bangkok à Surathani me manque. À Koh Phi Phi, sur la plage, on avait fait la promesse de s’aimer pour la vie – promesse que je tiens toujours et tiendrai jusqu’à mon dernier souffle. Jam, mon amour, où es-tu ? Que fais-tu ? Est-ce que j’existe encore pour toi ? Je suis sûr que tu ne m’as pas oublié, que tu penses à moi comme je pense à toi, que tu m’aimes aussi fort que je t’aime et qu’au plus profond de toi tu ne rêves que d’une chose : me faire un nouveau suçon d’amour sur le cou pour montrer à toutes les filles de la Terre – surtout celles qui font de Pattaya leur terrain de chasse – que je t’appartiens et, donc, qu’elles ont l’interdiction absolue de m’approcher sous peine de prendre ton escarpin dans la tête. Ta jalousie maladive me manque. 
(Extrait de la nouvelle Jam, mon amour - Thaïlande guili-guili - Editions Gope)